Lorsqu’un patient est victime d’une erreur médicale, les conséquences peuvent être lourdes : aggravation de l’état de santé, séquelles permanentes, incapacité de travail, préjudice moral ou financier important. Face à une telle situation, la priorité est souvent donnée aux soins, à la reconstruction physique et psychologique, laissant les démarches juridiques au second plan.

Pourtant, en matière d’erreur médicale, le temps joue contre les victimes. La loi impose des délais stricts pour agir, appelés délais de prescription. Une fois ces délais expirés, il devient en principe impossible d’obtenir une indemnisation, même si l’erreur médicale est avérée.
Le cabinet Sanajuris, avocat en droit médical à Toulouse, vous explique dans cet article quels sont les délais pour agir après une erreur médicale, comment ils sont calculés, dans quels cas ils peuvent être interrompus et pourquoi il est essentiel de consulter rapidement un avocat.
1. Pourquoi les délais sont-ils si importants en cas d’erreur médicale ?
De nombreux patients pensent, à tort, que l’on peut engager une action en justice à tout moment dès lors qu’un préjudice est réel. Cette croyance est dangereuse.
En droit français, la prescription a pour effet de :
- faire disparaître le droit d’agir en justice ;
- rendre toute demande d’indemnisation irrecevable ;
- protéger les professionnels et établissements contre des actions tardives.
Ainsi, une erreur médicale peut être juridiquement incontestable mais néanmoins non indemnisable si les délais sont dépassés.
La question des délais est donc aussi importante que celle de la faute elle-même.
2. Qu’est-ce que la prescription en matière d’erreur médicale ?
2.1. Définition de la prescription
La prescription est un mécanisme juridique qui fixe un délai maximum pour exercer une action en justice. Une fois ce délai écoulé, la victime perd son droit d’agir, même si les faits sont établis.
En matière médicale, la prescription vise à :
- garantir la sécurité juridique ;
- éviter des contentieux trop anciens ;
- tenir compte de la difficulté de conserver des preuves médicales sur le long terme.
2.2. Prescription et responsabilité médicale
La prescription ne signifie pas :
- que l’erreur médicale n’a pas existé ;
- que le médecin a bien agi ;
- que le dommage est imaginaire.
Elle signifie uniquement que le droit d’agir est éteint.
C’est pourquoi de nombreuses victimes découvrent trop tard qu’elles ne peuvent plus engager de procédure, malgré une situation médicalement et humainement injuste.
3. Le délai de principe pour agir après une erreur médicale
3.1. Le délai légal applicable
En matière de responsabilité médicale, le délai de prescription de principe est de :
10 ans
Ce délai est prévu par l’article L.1142-28 du Code de la santé publique.
3.2. Le point de départ du délai : une notion clé
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le délai de 10 ans ne commence pas nécessairement le jour de l’acte médical.
Le point de départ du délai est fixé :
- au jour de la consolidation du dommage, ou
- au moment où la victime a eu connaissance du lien entre l’acte médical et le dommage.
La consolidation correspond au moment où :
- l’état de santé est stabilisé,
- les séquelles sont médicalement établies,
- aucune amélioration significative n’est attendue.
👉 Cette notion est souvent source de confusion et nécessite une analyse médicale précise.
3.3. Exemples concrets
- Un patient opéré en 2015 développe des complications, mais son état n’est consolidé qu’en 2019 → le délai court à partir de 2019.
- Une erreur de diagnostic n’est découverte qu’en 2021, alors que l’acte date de 2016 → le délai peut courir à partir de la découverte du lien causal.
Ces situations montrent que chaque dossier est unique.
4. Les délais selon le type de professionnel ou d’établissement
4.1. Erreur médicale commise par un médecin libéral
Lorsque l’erreur médicale est imputable à un médecin libéral :
- la responsabilité est civile ;
- le délai de prescription est en principe de 10 ans à compter de la consolidation du dommage.
4.2. Erreur médicale dans une clinique privée
Dans une clinique privée :
- la responsabilité peut être celle du praticien, de la clinique ou des deux ;
- le délai reste généralement de 10 ans ;
- une mauvaise identification du responsable peut entraîner une perte de temps préjudiciable.
4.3. Erreur médicale à l’hôpital public
En cas d’erreur médicale dans un établissement public de santé :
- la juridiction compétente est le tribunal administratif ;
- le délai de prescription est également de 10 ans ;
- des règles procédurales spécifiques s’appliquent.

5. Délais spécifiques : infections nosocomiales et aléa thérapeutique
5.1. Infection nosocomiale
Les infections nosocomiales obéissent à un régime particulier :
- la responsabilité peut être engagée sans faute dans certains cas ;
- le délai de prescription reste en principe de 10 ans à compter de la consolidation.
5.2. Aléa thérapeutique et ONIAM
En cas d’aléa thérapeutique grave :
- la victime peut saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) ;
- l’indemnisation est prise en charge par l’ONIAM ;
- le délai de prescription est également de 10 ans.
6. La prescription et la saisine de la CCI
6.1. Quel délai pour saisir la CCI ?
La CCI peut être saisie tant que l’action n’est pas prescrite. Toutefois :
- attendre trop longtemps peut fragiliser le dossier ;
- certaines preuves médicales deviennent plus difficiles à obtenir
6.2. Effet interruptif de prescription
La saisine de la CCI a un effet interruptif de prescription, ce qui signifie que :
- le délai est interrompu ;
- un nouveau délai recommence à courir après la fin de la procédure.
C’est un levier stratégique important, mais qui doit être utilisé correctement.
6.3. Erreurs fréquentes à éviter
- Saisir la CCI sans dossier médical complet
- Mal qualifier la nature du dommage
- Penser que la CCI suspend automatiquement tous les délais
- Attendre la fin de soins sans vérifier la date de consolidation
7. Interruption et suspension de la prescription
7.1. Les causes d’interruption
La prescription peut être interrompue par :
- une action en justice ;
- une saisine de la CCI ;
- une reconnaissance de responsabilité par l’assureur ;
- certaines expertises judiciaires.
7.2. Les causes de suspension
La prescription peut être suspendue dans certains cas particuliers :
- victime mineure ;
- victime majeure protégée ;
- impossibilité d’agir (cas très exceptionnels).
Ces situations doivent être analysées avec rigueur.
8. Que se passe-t-il si le délai de prescription est dépassé ?
Lorsque la prescription est acquise :
- l’action est déclarée irrecevable ;
- aucune indemnisation n’est possible ;
- même une erreur médicale grave ne peut plus être sanctionnée.
Les juridictions sont extrêmement strictes sur ce point.
9. Pourquoi consulter rapidement un avocat en erreur médicale ?

9.1. Sécuriser les délais
L’avocat en droit médical :
- identifie le point de départ exact du délai ;
- calcule la date de prescription ;
- met en place une stratégie pour interrompre le délai si nécessaire.
9.2. Choisir la bonne procédure
Un mauvais choix de procédure peut faire perdre un temps précieux. L’avocat oriente la victime vers :
- la CCI ;
- la juridiction compétente ;
- une procédure amiable ou contentieuse.
9.3. Préserver les preuves
Plus le temps passe :
- plus le dossier médical est difficile à exploiter ;
- plus les souvenirs s’estompent ;
- plus les expertises sont complexes.
Agir tôt permet de renforcer considérablement le dossier.
10. Avocat en erreur médicale à Toulouse : l’accompagnement du cabinet Sanajuris
Le cabinet Sanajuris, avocat en droit de la santé à Toulouse, accompagne les victimes d’erreurs médicales et leurs familles à chaque étape :
- analyse des délais et de la prescription ;
- étude médicale et juridique du dossier ;
- saisine de la CCI Occitanie ;
- assistance aux expertises médicales ;
- défense devant les juridictions compétentes.
L’approche du cabinet est à la fois rigoureuse, stratégique et humaine, consciente des enjeux médicaux et personnels des victimes.
11. En matière d’erreur médicale, ne perdez pas de temps
La prescription est l’un des pièges majeurs du droit médical.
Attendre trop longtemps peut anéantir toute chance d’indemnisation, même en présence d’une erreur médicale avérée.
Si vous ou un proche avez subi un dommage à la suite d’un acte médical, n’attendez pas que la situation s’aggrave ou que les délais expirent. Une consultation juridique rapide permet de sécuriser vos droits et d’engager les démarches adaptées.
Besoin d’un accompagnement ?
Le cabinet Sanajuris, avocat en erreur médicale à Toulouse, est à votre disposition pour une première analyse confidentielle de votre situation.


